Oh Belize. J'en suis revenue chamboulée, transformée, et vraiment heureuse.
Voici mon récit.
Le premier, ainsi que le dernier jour, nous sommes restés à un gite le long de la Sittee River. Il faisait très humide, mais pas question de prendre un bain dans la rivière, les crocodiles guettent. Le matin, quelques toucans pointent leur nez hors des arbres.
Nous sommes ensuites partis pour notre ile Wee Wee Caye, où nous sommes restés 12 jours. C'est au beau milieu de l'océan, et c'était phénoménal. Du dock, on peut apercevoir le Honduras et le Guatemala quand il n'y a pas de nuages. Pendant ces 12 jours, j'ai abandonné les chaussures. L'ile est parsemée de ces crabes appelés "fiddler crabs," ils vivent dans leurs petits trous partout dans le sable. Ils n'ont rien d'agressifs. On en a retrouvés quelques uns dans nos chaussures ou dans la chambre, mais ils sont plus mignons qu'autre chose.
Le temps était magnifique. Soleil quasiment tous les jours, à part le dernier jour où on s'est pris une tempête tropicale et il a plu toute la nuit et toute la journée. On étaient trempés jusqu'aux os. Mais a part ça, grand soleil. J'adorais le fait de pouvoir regarder les tempetes du continent, tous ces nuages, en sachant qu'ils ne viendront jamais vers nous car nous sommes au milieu de l'océan.
Les moustiques étaient partout, tout le temps sur nous. On avait beau mettre du spray anti-moustiques toutes les deux secondes, ils sautaient sur nous à la moindre occasion, à la sortie de la douche ou au réveil. Les garçons se sont amusés à creer des constellation à partir de nos piqures de moustiques.
Nous n'avions pas l'électricité la nuit, du coup tous les déplacement se faisaient à la lampe torche. On s'y habitue vite, c'est pas si désagréable.
Nous sauvions le plus d'eau possible. Les douches se faisaient à l'eau de pluie et devaient etre rapides, on ne faisait que le minimum de vaisselle et on battaient des records pour le rincage de dent le plus rapide. Mais encore une fois, ce n'est pas si désagréable. Je suis revenue et je suis contente de pouvoir me doucher à l'eau chaude, mais j'ai l'impression de gaspiller énormément d'eau rien qu'en me lavant les dents. Il va falloir que je change beaucoup de mes habitudes, et il faut que tout le monde commence à changer et à réaliser l'importance de ces petits gestes quotidiens.
Chaque matin, nous devions être debouts à 5 du matin pour observer un phénomène chez les "silversides" qui ne se passent qu'au lever et au coucher du soleil. Alors il fait encore nuit, et on est tous sur le dock principal (West Dock) en train de ralocher à cause des moustiques. Quelques matins, nous nous échappions et allions sur l'autre dock, l'East Dock et admirions le lever du soleil. L'East Dock etait plus petit, mais c'etait mon préféré. C'etait tellement silencieux. Le petit déjeuner n'était servi qu'a 8h, du coup nous allions tous trouver un petit coin pour dormir. Certains restaient trainer sur le dock; j'allais faire la sieste sur les hammacs.
Après ça, dépendant des jours et de l'humeur de notre professeur, nous allions soit en sortie tout autour de la barrière de corail, ou nous restions autour de l'ile pour observer les poissons.
J'ai eu l'opportunité de faire de la plongée à la grande barrière de corail... 20 mètres de profondeur, visibilité extraordinaire et que dire de toute cette vie marine?! je ne savais meme plus où regarder. Des raies, des barracudas, et des centaines d'espèces différentes de poissons. D'un coté nous avions cette zone de sable, au milieu la barrière de corail, et puis une chute vertigineuse dans les profondeurs de l'ocean. Impossible d'en voir la fin. Même les locaux ne savent pas jusqu'où ça descend. Et c'était impressionnant. Comme chacune de mes plongées, j'aurais voulu pouvoir y rester des heures. Mais ça restera definitivement gravé dans ma mémoire. Nous sommes retournés plusieurs fois à la barrière de corail juste en tuba, et nous avons admiré encore pleins de choses merveilleuses, des Southern Stingrays, et nous avons même pu nager à coté d'une tortue.
L'après-midi, nous restions généralement autour de l'ile pour observer et collecter des poissons, ou bien creer une cartographie autour de l'ile. Chaque sortie en mer nous réservait de nouvelles surprises.
Une après-midi je me trouvais sur le West Dock, prête à partir observer des poissons, quand j'ai vu quelques ailerons au loin. "DOLPHINS, DOLPHINS" je me suis retrouvée à crier, et toute la classe à accouru des quatre coins de l'ile. Et nous avons tous plongé dans l'eau. Et j'etais bien contente d'être une nageuse à ce moment là. 2 kilomètres aller-retour, mais qu'est ce que ça valait le coup! Ils se sont amusés avec nous, un dauphin est même passé sous moi. En étant complètement sous l'eau, nous pouvions les entendre faire leurs "clicks", et ça ajoutait encore plus à la magie du moment.
Un autre jour, nous sommes allés à Tunicate Cove, qui fut sans doute mon endroit préféré. C'etait inexplicable. Tellement paisible, "peaceful" fut le premier mot qui me soit venu à la tête pendant ma progression dans l'eau. L'eau ne bougeait pas d'un poil, s'écartant juste sur mon passage. Les couleurs étaient magiques, passant du violet au rouge, du vert au bleu. Et c'est aussi là que je suis tombée nez à nez avec un requin (nurse shark). En réalité, c'etait meme deux requins. Le premier fut le plus surprenant. Je nageais seule tranquillement quand je vois cette énorme ombre se rapprocher de moi, et je réalise que c'est un requin. Et là j'ai littéralement stressé. Je savais bien que les nurse sharks n'attaquent pas si ils ne sont pas embêtés, mais imaginez vous seuls avec un requin nageant vers vous. J'ai pu avoir une photo de lui nageant qui est pas mal. Tous les autres se sont ensuite approchés et nous avons pu l'observer se reposant le long de la mangrove.
Le second fut un peu plus stressant aussi. Avant de remonter dans le bateau, moi et Tyler l'avions repéré et nous l'observions tranquillement, enfoui dans la mangrove. Je faisais une vidéo à ce moment là, quand le requin a commencé à bouger, et puis à complètement se retourner et à nager vers nous. Oui, nous avons regardé un requin dans les yeux. Mais c'etait terrifiant et inoubliable à la fois.
Une nuit, quelques uns de nous sommes partis en tuba pour nager autour de l'île, guidés par Udell. Première fois que je nageais la nuit, c'etait inquiétant car on ne voit que ce qui est éclairé par notre lampe, et tout peut sortir de l'obscurité. Mais c'etait interessant car il y a un énorme changement. Beaucoup de poissons dorment, mais tous ceux qui se cachent pendant le jour étaient de sortie: des quantités de murènes vertes et tachetés, se glissant tranquillement sur le sol tels des serpents, mais aussi des crabes, des homards, des raies, et toutes sortes de poissons vivant la nuit. C'est aussi ce soir-là que j'ai pu touché un boa, et où j'ai aussi attrapé des needlefish à main propres. Assez marrant.
Les nuits où nous n'allions pas dans l'eau, nous restions juste trainer sur le West Dock, une bière à la main et regardant les étoiles, et les étoiles filantes. Nous avons même pu voir la pluie de météore du meilleur endroit possible: une île au milieu de l'ocean dans les Caraïbes. C'etait toujours le même groupe qui restait debout, du coup nous avons eu de bons moments. Il y avait aussi la bioluminescence dans l'océan, des minis feux d'artifices, éclairant l'eau pour quelques secondes. En bougeant la main dans l'eau, on aurait dit une pluie de confettis. Magique.
Ross avait apporté sa guitare, quelque fois nous chantions, quelque fois nous parlions. C'etait parfait. Le lendemain matin c'etait dur de se réveiller, mais nous n'étions là que pour deux semaines, pas question d'aller se coucher à 8h, même si mon corps ne demandait que ça.
Et puis, il y a eu Udell. Il vivait avec nous sur l'île, il vit au Bélize en temps normal et il est un guide dans la barrière de corail et le long de la Sittee River. Il vivait avec nous car il conduisait l'un des bateaux qui nous amenait en sortie partout. Il connaissait toutes les choses interessantes, où nous trouver tel type de crabe, tel type d'étoile de mer... Il était cool. Je sais pas si je mentionne son âge ou pas... ahah.
On a occupé les conversations de l'île. C'etait inattendu, et je ne savais pas vraiment quoi faire au début, mais ce qui est sûr, c'est qu'il me manque terriblement. Il m'a aidé sans le savoir, car si je peux plaire dans de telles conditions, alors il faut vraiment que je commence à avoir un peu plus confiance en moi. Je pouvais le voir dans ses yeux, et c'est ce qui me manquait. Ca fait du bien. Son email ne fonctionne pas et ça rend les choses un peu plus dur, car il n'a pas le mien. En espérant qu'il m'écrive une lettre, ou que mon message lui parvienne. Peut-être qu'il en est mieux ainsi. Sans doute.
Le jour de notre départ, il pleuvait des cordes, une tornade, j'etais trempée jusqu'aux os. Je remarque toujours qu'il pleut dès que je pars d'un endroit. Nous nous sommes arrêtés au zoo du Belize, où nous avons pu admirer des jaguars, des pumas, des crocodiles, des toucans et autres... Nous avions vu beaucoup de ces animaux en liberté déjà, mais les gros félins étaient impressionnants.
Belize me manque énormément. J'adorais être coupée de tout. Enfin, j'aurais aimé passer un coup de fil de temps à autres, mais sinon, c'était bien. J'ai envie d'y retourner, surtout pour finir ce qui a été commencé.
Je suis heureuse d'être de retour néanmoins. Mes piqûres de moustique disparaissent petit à petit, ma peau récupère du traumatisme, et les douches chaudes font du bien. Mais je veux vraiment y retourner. J'ai des choses à finir. J'ai des au-revoirs à refaire.
Ce voyage m'a changé l'esprit, mais n'a aussi fait que confirmer mon désir de travailler et faire ma vie dans la biologie marine. Voyager, étudier, découvrir, être sous l'eau, je ne demande rien de plus.
Cela m'a aussi fait réalisé combien l'océan est fragile et merveilleux à la fois. Il faut défendre ces endroits encore préservés de toute pollution humaine, qui sont si magnifiques et paisibles. Tunicate Cove m'a vraiment fait cette impression, c'etait tellement incroyable et silencieux. Chaque animal, chaque corail et chaque plante étaient en harmonies les uns avec les autres.
Je réalise combien je suis chanceuse de savoir où je veux aller dans la vie, et aussi de savoir que je peux supporter des conditions assez rudimentaires pendant quelques semaines. Ma vie est là, sous l'eau, sur une île, dans l'océan. C'est un monde tellement fascinant, qui a besoin d'être protégé mais aussi découvert. L'émerveillement est le premier pas vers le respect.
Je n'ai pas encore toutes mes photos (j'ai pas mes underwater photos), et les photos de tout le monde. Mais je vais preparer un album que je mettrais définitivement ici aussi.
Unbeliezable.